Année difficile en Beaujolais : une élite maintient le cap

Le Comité de Défense du Beaujolais créé en 2010 à l’initiative de Bernard Pivot et Périco Légasse, s’est réuni pour sa quatrième session le 21 mars denier à Romanèche-Thorins afin de noter dix beaujolais et dix beaujolais villages issus d’une première dégustation éliminatoire à partir d’une centaine d’échantillons. Les deux lauréats  sont

–          la Cave coopérative de Saint Laurent d’Oingt, représentée par son président Christian Alix (Tél. : 04-74-71-20-51), pour son beaujolais 2012,

–          le domaine de la Madone, au Perréon, propriété des frères Bruno et Jean Bererd (Tél. : 04-74-03-21-85), pour son beaujolais-villages 2012.

Ce palmarès 2012, année difficile n’ayant pas bénéficié des conditions météo exceptionnelles des vendanges précédentes, confirme, par la tenue et la rigueur des vins, l’existence d’une élite qualitative dans la viticulture beaujolaise.

Jury 2012 réuni à l’hôtel des Maritonnes, à Romanèche-Thorins : Bernard Pivot, Académicien Goncourt, Périco Légasse, rédacteur en chef à Marianne,Frédéric Laveur, président de l’organisme de défense et de gestion des appellations Beaujolais et Beaujolais-village,  Sébastien Coquard, son vice-président, Denis Chilliet, président de l’Union des vignerons du Beaujolais, Henry Marionnet, producteur de gamay de Touraine, à Soings-en-Sologne, Albert Nahmias, ancien restaurateur, Philippe Bourguignon, directeur du restaurant Laurent, à Paris, Jean-Claude Ribaut, chroniqueur gastronomique, Jean-Didier Dhéry, chef d’édition du Progrès de Lyon pour le Beaujolais.

Rappel des trois palmarès antérieurs : Xavier Barbet, de la maison Loron et fils, à La Chapelle-du-Guinchay, pour son beaujolais 2009, et Pierre David, vigneron à Emeringes, pour son beaujolais villages 2009 ; Georges Duboeuf, à Romanèche-Thorins, pour son beaujolais villages 2010 ; Aurélie de Vermont, au château du Châtelard, pour son beaujolais 2011, et Christophe Renard, au château La Carrelle, pour son beaujolais villages 2011.

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On avait presque fini par l’oublier, le beaujolais, comme une rengaine dont on ne connaît plus  les paroles. Il avait si longtemps dérogé aux principes d’une viticulture devenue vertueuse que l’on se méfiait de ses fréquentations. Il sentait le souffre. Et même la banane ! Certains lui accordaient des arômes de bonbons anglais. C’était le bon temps du vin d’abondance que l’on dégustait sur les cinq continents, bien avant la mondialisation, le troisième jeudi de novembre. Cette notoriété, le beaujolais l’avait acquise chèrement : en multipliant par trente, en trois décennies, la quantité de vins nouveaux mis sur le marché : jusqu’à 80 millions de bouteilles en 1990 ! De vin, ces breuvages technologiques et standardisés n’avaient guère que le nom. Le terroir se dérobait sous l’acétate d’isoamyle; c’était le temps des vins sucrés, levurés, filtrés, turbinés…Les conséquences ne se firent pas attendre, annonciatrices de la crise qui ronge ce vignoble depuis le début des années 2 000. Le vin nouveau avait cannibalisé la production des beaujolais et beaujolais villages et rendu plus difficile la commercialisation des dix crus (brouilly, morgon, fleurie et autres chiroubles). Les stocks s’amoncellent dans les chais. Les vignerons ont réagi diversement ; certains prônent l’arrachage ; d’autres vident leur bile dans les urnes ; d’autres encore, à la faveur d’années excédentaires, se prononcent en faveur d’une limitation drastique des rendements

Il existe pourtant une élite qui, d’année en année, maintient le cap. L’on citera Jean Foillard, Yvon Métras, et Jean Paul Brun (Crière 69380-Charnay, vigneron sur le terroir des Pierres Dorées. Mentionnons également un très jeune vigneron, Paul-Henri Thillardon, dont les premières cuvées (Chenas et Beaujolais, sur 5 ha) sont très prometteuses. Labourage à cheval, raisins issus de l’agriculture biologique, peu de sulfites, vins en général non filtrés, faibles rendements, expliquent ces premiers résultats. On trouve ses vins, à Paris, chez quelques cavistes (18ème arrondissement), mais peu encore dans les restaurants (Domaine Paul-Henri Thillardon. 44, route du Moulin à Vent. 71570 – Romanèche Thorins. Tél. : 06-07-76-00-91)

Jean-Claude Ribaut

2 commentaires sur “Année difficile en Beaujolais : une élite maintient le cap

  1. Bonjour,

    N’oubliez pas le domaine Paire (depuis 1600) de Jean Jacques Paire, hameau des Ronzière à Ternand (www.paire.fr), ses vins bio. et son musée.

    Michel du CHILI

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  2. Et les résultats d’ analyses des pesticides et désherbants , nos ami(e)s du Médoc se mettent au bio dynamique. Et vous ? A quand le retour (?) d’ un certain lustre du Beauj’ qui apparaît comme une vaste légende trompeuse. Je n’ en bois plus depuis longtemps. Mes amitiés à BP, meilleur en l’ ivre(s) qu’ vain

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