« André Chabert, Epicurien, Félibre » In memoriam

Richerenches, ancienne commanderie au cœur de l’enclave des Papes, curiosité géographique de la Drôme provençale, était envahie le 9 février, comme tous les samedi matin – de décembre à mars – par les acheteurs professionnels, bien visibles à l’arrière de leurs véhicules, et par les vendeurs anonymes, rabassiers ou trufficulteurs, tandis que le foule des curieux arpentait le marché provençal dans l’artère centrale du village. Prix du marché ce jour là : entre 500 € et 700 € le kilo, selon que la truffe est « en terre » et non calibrée ou bien « triée » selon les critères non écrits de cet étrange négoce.

Une petite cérémonie avait lieu ce jour là pour célébrer la mémoire d’un héros du village, disparu le 17 février 2005, à l’occasion du  baptême d’une place qui, désormais, portera son nom : « André Chabert, Epicurien, Félibre » André Chabert, né le 12 septembre 1948 à Sénas, était directeur du Château de Rochegude, propriété d’une coopérative de vignerons du Tricastin et délégué de la chaîne des Relais & Châteaux pour la Provence. Mais il était aussi l’une des figures incontournables du marché aux truffes de Richerenches, où chaque samedi, il initiait à la poésie truffière des groupes d’amateurs, à qui il faisait découvrir ensuite la magie des vins de la vallée du Rhône.

André Chabert, conteur né, se souvenait des odeurs familières, des pommes de la resserre, du miel, de la fleur d’oranger, du lard du saloir et de l’odeur des truffes que son père, chasseur,  se procurait en échange d’un lièvre. « La mémoire olfactive est indissociable de la mémoire culinaire, qu’elle nourrit et imprègne », disait-il, en dégustateur avisé des crus de la région. Diplômé de l’Ecole Hôtelière de Nice en 1968, en même temps que Michel Rostang, et Jeanot Pailhès, restaurateur à Richerenches (L’Escapade) il aimait observer la course héliaque, lorsque la flèche du cadran solaire soutenue par un triangle de fer, allonge son ombre, jusqu’à masquer l’inscription: « T’oucupes pas de iéu » (O temps, ne t’occupes pas de moi). Il est inhumé à Sénas. La petite cérémonie s’est déroulée en présence de Geneviève, son épouse, de sa famille, et de Michel Rostang, tandis que Jeanot veillait au bon déroulement de la dégustation de la cuvée Renaissance du Domaine Viret, qu’André Chabert, m’avait fait découvrir (voir Le Monde.16 mai 2001).

7 commentaires sur “« André Chabert, Epicurien, Félibre » In memoriam

  1. Bel article, belle journée, de beaux souvenirs. Un bon moment passé en bonne compagnie! Merci à tous, et surtout à Jeannot. Geneviève

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