Allez manger « A l’Oeil », rue Marie Stuart…

Le rapport n’est pas clair entre l’ophtalmologie et la gastronomie sauf à considérer de manière littérale l’expression « œil pour œil, dent pour dent. » Et pourtant cette table du quartier Montorgueil m’a « tapé dans l’œil. » D’abord par la magie d’une salade fraîcheur aux écrevisses, vinaigrette crémeuse à l’estragon, bien assaisonnée avec une mayonnaise détendue au jus du crustacé d’eau douce souligné par le condiment de la famille des astéracées. Ensuite par une souris d’agneau fondante et son jus, semoule aux épices et pois gourmand, plat d’inspiration méditerranéenne – entre couscous et tagine – mais relevé par un mélange d’épices autre que le classique ras el hanout. Voilà deux plats équilibrés, qui ne jettent aucune poudre aux yeux.

En revanche, je mangeais des yeux (sans pour autant les avoir plus gros que le ventre) les plats de ma commensale, une entrée d’asperges sauce mousseline suivie d’un râble de lapin lardé, écrasé de pommes de terre et sauce moutarde Savora. Il me fut permis d’y goûter. Même impression de sérieux et de précision, tant dans le choix des produits que dans la justesse des goûts. Delphine, chef cuisinière, fille de restaurateurs de Seine et Marne, aussi spontanée que sa cuisine, surgit alors : « comment avez-vous trouvé ? » La question est souvent agaçante lorsqu’elle est posée par un serveur évasif. Ici, au contraire, on éprouve le sentiment que l’avis sera pris en considération et invitera au dialogue. Cette attitude ouverte est aussi celle de Emma qui pilote le service en salle, avec attention et bonhomie. Le tandem est à l’unisson. Mentionnons encore, le magret de canard aux fruits rouges et le risotto crémeux aux asperges vertes, ou encore le pavé de saumon à la citronnelle et riz à la badiane.

Les desserts, soupe de fraise et chantilly à la menthe comme le millefeuille au citron, coulis au fruit de la passion, relèvent d’une même inspiration gourmande, sans concession à l’excès de sucre, qui, trop souvent, condamne un repas à l’oubli. Le décor est aussi très soigné, inspiré par l’enseigne, qui ménage avec humour les pierres apparentes et les logos d’un cabinet d’optique. Une petite terrasse sur la rue est la promesse de plaisirs partagés pour une soirée d’été. Un menu « clin d’œil » à 26 € et « Bien vu » à 32 €, ne vous laisserons pas… que vos yeux pour pleurer ! Carte journalière au gré du marché.

Restaurant A l’Oeil, 7, rue Marie Stuart. 75002 – Paris. Tél. : 01-40-39-05-09. Ouvert le soir seulement du mardi au samedi.

2 commentaires sur “Allez manger « A l’Oeil », rue Marie Stuart…

  1. Ensuite par une souris d’agneau fondante et son jus, semoule aux épices et pois gourmand, plat d’inspiration méditerranéenne – entre couscous et tagine – mais relevé par un mélange d’épices autre que le classique ras el hanout.

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  2. Justement, et vous le dites fort bien sans le vouloir, la vue est importante en gastronomie. Tapé dans l’oeil, mangé des yeux, voilà des expressions qui infirment votre première phrase.

    Qu’il faut pourtant de courage pour dépasser cette façade d’où vous vous sentez épié sans pouvoir voir, façon agence immobilière hi tech (ou audioprothésiste)! Elle ne me fait pas de l’oeil, mais ce que vous racontez de l’antre pourrait sans doute me faire changer d’avis.

    « relevé par un mélange d’épices autre que le classique ras el hanout » : décidément c’est de saison : vous en avez trop dit, ou pas assez!

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