La terrasse protégée du Coq de la Maison Blanche

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Avec les beaux jours, une balade au Puces de Saint-Ouen, ou bien un match au Stade de France, et voilà l’occasion d’un dépaysement hors barrière en Seine Saint Denis. L’étape obligée est alors le Coq de la Maison Blanche une brasserie à l’ancienne, avec une terrasse protégée (notre photo), un décor années 50,  où figurent les incontournables, le persillé – aussi bon qu’en Bourgogne, fondant et moelleux, un régal ! – le vrai coq au vin à la campagnarde aux nouilles fraîches, la selle d’agneau à l’ail en chemise ou encore l’aïoli aux petits légumes ou la raie aux câpres beurre noisette. Une recette aujourd’hui presque disparue. Mais la grande affaire, c’est la tête de veau, cuite entière, ce qui assure un moelleux et un goût incomparables. Elle est habituellement servie avec une sauce gribiche ou une vinaigrette, et parfois – suprême délice en hiver – en sauce tortue. Que l’on se rassure, il n’y a pas de chair de tortue (animal protégé) dans ce plat. La dite sauce est une infusion de fonds de veau ou de volaille et d’herbes aromatiques ( sauge, marjolaine, romarin, basilic, thym, laurier,  et persil), à laquelle on ajoute la purée de tomate, le madère et une pointe de Cayenne. La garniture de ce plat a été simplifiée qui comprenait autrefois olives ou petits cornichons tournés, quenelles de ris de veau, œufs frits, cervelle et langue, quelques écrevisses – pattes rouges – pour le décor, et julienne de truffes. La bonne affaire est un menu à 29 euros, servi midi et soir, qui, outre les plats évoqués ci-dessus (coq au vin, tête de veau, raie au câpres) et un jambonneau demi-sel, lard et haricots blancs, donne le choix entre quatre entrées, dont une délicate salade de ris de veau en cévenole, une terrine de campagne ou bien un velouté froid d’asperges blanches aux pointes crues et cuites. Parmi les desserts, la délicieuse glace à la vanille et le non moins gourmand Malakoff aux pralines, le disputent à la gauffre chantilly. La cave, domaine de prédilection d’Alain François, le patron, s’honore des bourgognes (Savigny, Pernand Vergelesses) de la maison Chandon de Briailles, des vins de Didier Dagueneau et d’une collection remarquable de Coche Dury. Une référence. Pour l’ordinaire, le chiroubles de Cheysson fera l’affaire.  Dans le diocèse de Saint Denis, il n’est pas sur les clochers de meilleur coq que celui de cette Maison Blanche. Georges Marchais, qui fêta son départ de la vie politique au Coq, écrivit sur le livre d’or : « Dommage que la maison ne se soit pas appelée le Coq de la Maison Rouge ! » Une visite à Saint Ouen, est aussi l’occasion de prendre la mesure de l’évolution du Nord de Paris, car le département de Seine Saint-Denis est une entité en soi. Une image de la banlieue parisienne. Passé le carrefour Pleyel, il faut y être né pour se diriger aisément. Aujourd’hui, les friches industrielles jouxtant de grands ensembles H.L.M., à la population bigarrée, sont en régression. C’est un monde  où cohabitent usines désaffectées et nouvelles industries, échangeurs routiers et  parcs paysagers bordés de « barres » locatives et d’immeubles de bureau flambants neuf. Un paysage qui a sa poésie âpre, et où vit plus d’un million d’habitants. L.F. Céline racontait autrefois la banlieue à sa façon : « L’avenue avant chez la Tante, c’était plein de marrons…Plus loin que la route, c’est les arbres, les champs, le remblai, des mottes et puis la campagne…plus loin encore, c’est les paysages inconnus…la Chine…Et puis rien du tout ». Le hors barrière gastronomique, déjà, avait fasciné Curnonsky. Le mystère commençait à la Barrière de Clichy : « La bicoque de Madame Héronde dominait un terrain vague. Le clebs nous avait repérés…il gueulait tout ce qu’il pouvait. ». Nostalgie…

 

Menu : 29 €. A la carte, compter 45 €.

37, boulevard Jean Jaurès 93400 – Saint Ouen. Tél. : 01-40-11-01-23. Fermé le dimanche.

4 commentaires sur “La terrasse protégée du Coq de la Maison Blanche

  1. L’honorable Ribaut devrait faire appel à un de ses neveux ou petit-neveux geeks (il en a sûrement, tout le monde en a) pour lui montrer comment réduire le poids de ses photos. Pas comme une sauce, juste diviser par 6 les grandioses dimensions de l’image cachée derrière la petite vignette aux parasols rouges (fort réussie et qui donne une jolie mise en page), diviser ainsi par 10 ou plus le temps nécessaire pour qu’elle s’affiche. Accessoirement, cela évitera aux indiscrets qui savent comment l’afficher en grand de regarder de près les visages des convives à table.

    A part ça, Céline « les paysages inconnus…la Chine… » était un voyant. « un monde où cohabitent usines désaffectées et nouvelles industries, échangeurs routiers et parcs paysagers bordés de barres locatives et d’immeubles de bureau flambants neuf. Un paysage qui a sa poésie âpre, et où vit plus d’un million d’habitants … » Ca ressemble à Pékin, à Tianjin, à Shenyang et quelques autres villes où je suis passé, où on sert autre chose que ce qui est raconté ici, mais pas moins savoureux.

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